Le CPAS en question

Interview de Danièle Hallet, conseillère Ecolo au CPAS de Sombreffe, de janvier 2006 à avril 2011

Publié le vendredi 29 juillet 2011

Danièle, tu as été conseillère au Centre Public de l’Action Sociale (CPAS) pendant plusieurs années. Peux-tu nous dire à quoi sert un CPAS ?

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Les missions d’un CPAS sont très larges et dépendent en partie du cadre légal mais aussi des projets qui lui sont propres. Je ne peux pas citer ici toutes ses missions mais je souhaite en mettre quelques-unes en exergue. Tout d’abord, le CPAS, avec les travailleurs sociaux, soutient les personnes sur le plan individuel et/ou familial pour des demandes très variées d’ordre financier, administratif, social, de recherche d’emploi et de logement… avec en toile de fond une volonté de favoriser l’autonomie des personnes. C’est un travail exigeant, qui demande beaucoup de doigté, de tolérance et de rigueur.

D’autre part, le CPAS peut aussi mettre en place des projets collectifs, tels que des cours, des ateliers divers, des modules santé, des sorties (informatique, écriture, cuisine, couture, excursions,…) qui donnent l’occasion aux personnes d’acquérir un savoir faire, de rencontrer d’autres personnes, de créer des liens et de la solidarité. Mais avant tout, je pense, le CPAS doit être à l’écoute des personnes et de leurs besoins, pour développer des projets dans lesquels elles ont vraiment envie de s’impliquer et dont elles se sentent aussi responsables.

Et, enfin, je pense que le CPAS a un rôle important de réflexion et d’interpellation auprès du monde du politique et civil sur l’évolution de la société et sa façon de gérer les inégalités sociales. Les CPAS doivent aussi chercher de nouvelles voies, originales, pour que les situations sociales d’une partie non négligeable de la population arrêtent de se dégrader.

En gardes-tu de mauvais souvenirs, un coup de gueule ou des regrets ?

J’ai été très déçue, bien sûr, quand du jour au lendemain je me suis retrouvée dans l’opposition, du fait de la motion de méfiance votée par le groupe du bourgmestre. Dès lors qu’Ecolo était dans l’opposition, je ne pouvais plus participer au bureau qui est le lieu privilégié où se construisent les nouveaux projets, le lieu des vrais échanges, d’interpellations. C’est enfin le lieu qui permet de prendre un peu de recul par rapport à la gestion quotidienne.

D’une manière générale, je regrette le manque de place réservé à la réflexion et le manque d’implication des conseillers ; nous étions toujours le nez sur le guidon et j’ai souvent eu le sentiment qu’il n’y avait pas de place pour un véritable dialogue, du moins pour les sujets sensibles. Cela est en grande partie dû à la façon de gérer de la présidente du Cpas, peu ouverte au vrai dialogue et à l’échange.

Que souhaites-tu mettre en évidence dans le rôle que tu as joué ?

Hormis les deux réunions mensuelles au CPAS, je me suis beaucoup investie pour un cours de couture suspendu pendant de longs mois faute de local disponible. C’était vraiment regrettable car ce cours, animé par une personne compétente et bénévole, permettait à de nombreuses femmes de réaliser des travaux de qualité et de faire partie d’un groupe convivial et donc de recréer du lien social. A force de persévérance, une solution a été trouvée : l’atelier a pu redémarrer dans un local loué par le CPAS. Très vite tout s’est remis en marche et l’année s’est clôturée par une belle exposition des ouvrages réalisés.

Egalement impliquée dans la Régie de quartier Gembloux-Sombreffe, j’ai participé à de nombreuses réunions pour le lancement du projet. La Régie, qui a pour but de donner des formations pratiques aux habitants de la Cité des Couteliers et de dynamiser la vie de quartier, a formé de nombreux stagiaires dont plusieurs ont trouvé un emploi. Malheureusement, les activités de la Régie sont suspendues dans l’attente de l’engagement d’un nouveau responsable. Avis aux amateurs !

Tu as démissionné du mandat de conseillère au CPAS, est-ce que tu arrêtes la politique pour autant ?

Pour le moment, je vais mettre la pédale douce pour me concentrer plus sur mon travail et ma famille. Toutefois, je ne lâche pas tout, loin s’en faut ! Nous allons constituer une cellule sociale avec notre nouvelle conseillère Ecolo, Valérie Delporte.

Je poursuivrai mon engagement au sein de la locale Ecolo. J’ai envie aussi de soutenir les jeunes de Sombreffe dans leur souhait d’avoir un lieu où se retrouver et, entre autres, faire du roller ou du skate. Qu’ils n’hésitent pas à me contacter à l’adresse suivante : daniele.hallet@skynet.be.

Et, enfin, je continue à coordonner « Les Dimanches sympas », avec mes amis Françoise Halleux et Luc Bauwin. L’association a pour but d’organiser 5-6 balades ou visites par an, en covoiturage, principalement pour les habitants de Sombreffe.

J’ai lancé l’idée de cette association pour différentes raisons : permettre à des personnes qui n’ont pas de voiture de pouvoir se déplacer le dimanche, proposer des sorties en petit groupe intergénérationnel qui donnent l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes et de découvrir des lieux naturels ou culturels intéressants, à prix compétitifs ! Les informations sont disponibles sur : www.dimanchessympas.skyrock.com ou sur Face- book. Bienvenue !

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