KIdonaKI

Publié le dimanche 20 décembre 2009

Cela pourrait ressembler à un site d’enchères classiques. Sauf que derrière le vélo, le fauteuil ou le guéridon, bref derrière les objets, il y a surtout des projets menés par des associations. Donc la vraie vie des gens. Et un fort goût de solidarité.

Kidonaki (« Qui donne à qui ? ») a été inventé par un trio : Odile Bury, Joëlle Yana et Xavier Lampion, trois jeunes qui s’investissent professionnellement dans le développement de sites Internet pour les secteurs socioculturel, de la santé, de l’environnement et des médias. Le concept du site est simple : le don sans argent. « Achetez, vendez, donnez et changez le monde », annonce Kidonaki.

Et pratiquement, comment ça marche ? « Kidonaki organise des transactions commerciales entre un vendeur et un acheteur, en y ajoutant un troisième opérateur : une association bénéficiaire, une ONG, une cause, explique le trio. Tout le monde peut donner et tout le monde peut acheter. Sur le site, des recherches peuvent être faites soit par objet que l’on aurait envie d’acquérir, soit par projet que l’on aurait envie de soutenir. L’objet et le projet peuvent bien sûr être combinés. Les associations soutenues se situent dans les secteurs de la solidarité Nord-Sud, de l’environnement, de la santé et de la citoyenneté. Actuellement, plus d’une vingtaine d’associations présentant une trentaine de projets sont présentes sur le site. Elles pourraient être cinquante d’ici la fin de l’année. » Autre particularité de Kidonaki : des lieux culturels (théâtres...), des restaurants, des magasins ou des entreprises offrent des places, des repas, des objets ou des abonnements (c’est notamment le cas d’Imagine) qui sont mis aux enchères sur le site.

Les concepteurs du site caractérisent la dynamique du projet de la manière suivante : promouvoir la réutilisation des objets, permettre à quiconque le souhaite d’effectuer des dons sans mettre directement de l’argent, créer du lien social, sensibiliser aux projets des associations, et enfin développer une communauté de « kidonateurs ». Dans un second temps, un réseau de « super kidonateurs » - c’est-à-dire de personnes bénévoles qui feraient connaître le projet - pourrait être mis sur pied.

Actuellement, pour épauler le fonctionnement du projet, les associations qui bénéficient des dons versent une cotisation calculée en fonction de leur nombre de salariés. Quatre sponsors principaux soutiennent également le projet : Cambio, Lampiris, la Mutualité socialiste et le CNCD. A l’avenir, il est possible qu’il y ait de la publicité sélective sur le site.

Lancé à Bruxelles, en français, au mois de septembre, Kidonaki est belge pour le moment. L’interface néerlandophone était quasi prête à l’époque, et une version anglophone était également en préparation. « Le concept étant nouveau, on va se laisser le temps de voir comment cela prend et si cela rapporte aux associations », expliquaient encore les trois concepteurs, qui ont développé le projet sur fonds propres de leurs sociétés en espérant, à l’avenir, couvrir les frais liés à leur travail. Autre question également à l’étude : la possibilité pour les vendeurs qui offrent un objet de bénéficier d’une déduction fiscale.

Source : extrait du numéro n°76 du magazine (cliquez ci-dessous)

www.imagine-magazine.com