Le projet des "noyaux d’habitat"

par Christina Dewart

Publié le vendredi 25 mai 2012

Gouverner, c’est prévoir

Dans les 50 années à venir, le territoire wallon devra faire face à une importante croissance démographique. C’est pour faire face à ce défi majeur que nos ministres wallons de l’aménagement du territoire et du logement, Philippe Henry et Jean-Marc Nollet, ont lancé une consultation visant à promouvoir les zones les plus adéquates pour l’implantation de nouveaux logements et de services dans nos communes, dans un contexte de raréfaction des ressources énergétiques.

Qu’entend-on par « Noyaux d’habitat » ?

Ce sont les parties du territoire urbanisé de Wallonie qui présentent les meilleurs atouts au niveau de la mobilité, de la mixité des fonctions, de l’accès aux services divers. Proximité des gares, des lignes de bus les plus régulières, des commerces, des écoles, des pôles d’emploi, des pôles culturels...

Une urgence malheureusement encore mal comprise

Cette demande a fait l’objet de nombreuses réactions interrogatives, inquiètes ou franchement hostiles, principalement de la part de mandataires de communes rurales, la crainte majeure exprimée étant de voir se désertifier leurs régions. Pourtant, à aucun moment il n’a été question de ne plus permettre d’urbanisation dans les zones non reprises en noyaux d’habitat, mais bien de favoriser, par une discrimination positive, les zones dans lesquelles il sera plus facile d’avoir accès à la mobilité et aux services comme évoqué ci-dessus. Le rêve de la villa quatre façades en pleine nature, avec un garage pour deux voitures, n’est plus tenable, tant d’un point de vue écologique qu’économique, au vu du prix toujours croissant et de la raréfaction des produits pétroliers. Par ailleurs, nous ne ferons pas l’économie d’une réflexion quant à l’urbanisation des villages non repris en noyaux d’habitat. Faut-il continuer à étendre les lotissements en ruban le long des voiries, très coûteux en termes d’équipements collectifs ? Un recentrement de l’habitat au cœur des villages, autour des écoles et des espaces publics qui accueillent des activités collectives, l’aménagement de cheminements doux permettant aux jeunes et moins jeunes de circuler à pied ou à vélo sans danger dans leur village, ou d’en rejoindre un autre, sont autant de démarches qui compléteront valablement notre approche. Plutôt que de menacer la ruralité, cette démarche devrait au contraire en préserver l’essence en utilisant de façon parcimonieuse les terres agricoles et forestières, le potentiel « vert » de la ruralité. Une vraie campagne, qui préserve toutes ses qualités, complémentaire d’une vraie ville, agréable à vivre.

Eco-quartiers en milieu rural, habitats groupés : des pistes à suivre

Les expériences d’habitat « différent » se multiplient. Que les projets soient d’initiative citoyenne ou communale, ils offrent tous d’importants avantages en termes d’économie d’énergie et d’espace, mais aussi de convivialité, de solidarité. Ils remettent au goût du jour la notion d’espaces collectifs, partagés, pour le plus grand bonheur des citoyens qui s’y investissent. « Passer d’un urbanisme de règlements à un urbanisme de projets », c’est aussi faire visiter ces nouvelles formes d’habitat, les promouvoir dans nos communes, rencontrer les porteurs de ces projets, faire connaitre les multiples avantages liés à ces nouvelles façon d’habiter.

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