Gestion des cours d'eau : évolution des mentalités et de la législation
Depuis les inondations dramatiques de 2021, en Wallonie, on a entendu plus souvent parler de reméandration et de restauration hydromorphologique. Qu’est-ce que c’est ? Depuis quand en parle-t-on ?
Les principes de reméandration et de restauration hydromorphologique sont apparus au tournant des années 2000. Cette évolution s’est faite par étapes clés, passant d’une logique purement utilitaire à une gestion écologique globale.

Chronologie de l’évolution des mentalités et de la législation
- Années 1950 à 1970 (Le dogme de la rectification) : La législation de l’époque, dictée par la loi du 28 décembre 1967 sur les cours d’eau non navigables, vise uniquement à évacuer l’eau le plus vite possible pour favoriser l’agriculture intensive. C’est l’époque où l’on détruit les méandres.
- Années 1990 (La prise de conscience) : Les premières initiatives citoyennes et associatives voient le jour avec la naissance des premiers Contrats de Rivière en Wallonie. On commence à parler de qualité de l’eau et de protection des berges, mais les chantiers de reméandration lourds restent rares.
- Année 2000 (Le tournant européen) : L’adoption de la Directive-Cadre européenne sur l’Eau (DCE) impose aux États membres d’atteindre un « bon état écologique » des masses d’eau. Ce texte introduit officiellement la notion de continuité écologique et pousse la Wallonie à repenser la forme physique (l’hydromorphologie) de ses rivières.
- Années 2010 (L’institutionnalisation) : Le Service Public de Wallonie (SPW) publie en décembre 2013 son premier Guide technique de la restauration hydromorphologique des cours d’eau en Wallonie. La reméandration devient un outil d’ingénierie publique reconnu.
- 2018 (La révolution juridique) : La Wallonie adopte le décret du 4 octobre 2018 qui abroge définitivement la loi de 1967. Intégré au Code de l’Eau, ce décret fait de la reméandration et de la remise à ciel ouvert des priorités légales pour lutter à la fois contre l’effondrement de la biodiversité et contre les inondations.
Aujourd’hui, accélérés par le Plan de Relance de la Wallonie à la suite des crises climatiques, ces projets sont passés de la théorie scientifique à des chantiers physiques majeurs sur le terrain.